Depuis quelques mois, beaucoup de titulaires font le même constat :
la prime de partage de la valeur (PPV, ex-prime Macron) n’est plus l’outil miracle qu’elle a été.
Entre la perte des réductions Fillon, les règles mouvantes et les refus de certains salariés d’adhérer à un PEE, la question revient souvent :
comment augmenter le pouvoir d’achat d’une assistante dentaire sans faire exploser le coût global du cabinet ?
1. PPV : pourquoi elle coûte désormais beaucoup plus cher qu’avant
Sur le papier, la PPV reste attractive.
Dans les faits, son impact est devenu beaucoup plus lourd.
Ce qui pose problème aujourd’hui
- La PPV reste exonérée de cotisations dans certaines petites entreprises
- MAIS elle est intégrée dans le calcul des allègements de charges
- Résultat : perte des réductions Fillon
- Effet indirect : explosion du coût global
Exemple réel
- Prime versée : 1 400 €
- Coût habituel mensuel : 2 980 €
- Coût après PPV : 5 100 €
👉 La prime n’est pas “chargée”, mais elle fait sauter les exonérations, ce qui revient quasiment au même.
2. Le cas fréquent : l’assistante refuse le PEE
Le PEE est pourtant l’un des derniers outils réellement efficaces fiscalement.
Mais en pratique :
- certains salariés refusent le blocage des sommes,
- d’autres veulent du pouvoir d’achat immédiat,
- parfois par méconnaissance.
👉 Sans PEE, la PPV perd une grande partie de son intérêt stratégique.
3. Les alternatives légales et peu chargées à connaître absolument
1. Les bons d’achat et chèques cadeaux (URSSAF tolérance)
Peu connus, mais très efficaces s’ils sont bien utilisés.
Conditions strictes :
- lien avec un événement précis
- respect des plafonds
- traçabilité parfaite
Événements autorisés :
- Noël (salarié et enfants < 16 ans)
- rentrée scolaire
- mariage / pacs
- naissance / adoption
- départ à la retraite
- fêtes spécifiques (mères, pères…)
⚠️ Attention : anniversaire non autorisé → risque de requalification en salaire.
Montant :
- jusqu’à environ 196 € par événement (variable chaque année)
2. Les primes de frais professionnels exonérées
Souvent sous-utilisées alors qu’elles sont parfaitement adaptées aux cabinets.
Exemples :
- Prime de panier si repas sur place
- Prime de salissure pour l’entretien des tenues
- Indemnité de télétravail (si applicable)
- Prime de transport
- exonérée jusqu’à 400 € (thermique)
- jusqu’à 700 € (véhicule électrique)
👉 Ces primes compensent de vrais frais et échappent aux cotisations si correctement justifiées.
3. Titres restaurant, CESU, chèques vacances
Des solutions classiques mais efficaces.
- Tickets restaurant : avantage salarié clair, coût maîtrisé
- CESU préfinancé : intéressant pour les assistants avec enfants
- Chèques vacances : exonérés sous conditions pour les petites structures
👉 Pas spectaculaires individuellement, mais très efficaces combinées.
4. Heures supplémentaires : parfois plus simples que les primes
Dans certains cabinets :
- mieux vaut payer des heures supplémentaires que verser une PPV
- cadre juridique clair
- pas d’effet pervers sur les réductions de charges
👉 À étudier au cas par cas avec un bon conseil social.
5. Le vrai problème : un manque d’accompagnement comptable
Beaucoup de praticiens font le même constat :
- comptables peu spécialisés santé,
- méconnaissance des dispositifs sociaux,
- conseils trop prudents ou obsolètes.
👉 Un cabinet dentaire n’est pas une entreprise classique.
La stratégie de rémunération doit être pensée globalement, pas prime par prime.
6. Ce qu’il faut retenir
- La PPV n’est plus la solution miracle
- Son coût réel est souvent sous-estimé
- Il existe plusieurs leviers légaux, cumulables
- Les primes intelligentes sont celles qui :
- répondent à un besoin réel du salarié ( assistante dentaire)
- ne détruisent pas les exonérations existantes
- s’inscrivent dans une vision long terme
👉 Aujourd’hui, optimiser la rémunération, c’est avant tout éviter les mauvaises surprises.